Dégraisser le Mammouth

 

Nous proposons de dégraisser le mammouth en 2 phases.

Dégraisser le mammouth Phase 1

La première étape consiste donc à réduire le nombre de fonctionnaires dépendant de ce ministère, en un mot de dégraisser le mammouth, selon l’expression de Claude Allègre.

Une direction pour commencer le dégraissage consisterait à détacher des écoles d’ingénieurs de la tutelle de ce ministère pour les rattacher au ministère de l’Industrie. Parmi ces écoles, on pourrait commencer par :

;       l’ENSAM (école Nationale Supérieure d’Ingénieurs des Arts et Métiers),

;      l’école des mines de Nancy,

;       l’école des ponts et chaussées et l’ESTP,

;       l’école supérieure d’électricité,

;       l’école Centrale de Paris,

;       l’UTC (Université technologique de Compiègne).

Qui viendraient s’ajouter aux écoles qui sont déjà rattachées à ce ministère :

;       l’école Nationale Supérieure des Télécoms (ENST),

;       les écoles des mines de Paris et de Saint étienne.

D’autres écoles pourraient suivre après un contrôle minutieux de leur mode de fonctionnement et du niveau des élèves qui en sortent.

 

Les deux étapes du dégraissage du Mammouth

La seconde étape consiste à revoir les programmes d’enseignement, et cela à tous les niveaux, ce qui est un travail considérable. Le schéma suivant résume la démarche qui pourrait être suivie.

Le cas particulier des facultés de médecine et de pharmacie

Les professeurs de médecine sont à la fois :

;       professeurs et dépendent à ce titre du ministère de l’éducation,

;       chef de service dans un hôpital universitaire (CHU) et dépendent à ce titre du ministère de la santé.

Les facultés de médecine et de pharmacie dépendent du Ministère de l’éducation. Le bon sens voudrait quelles dépendent du Ministère de la santé. Cela présenterait deux avantages :

;       réduction de l’hypertrophie du Ministère de l’éducation,

;       meilleure coordination avec la politique de santé publique.

Il y aurait en France environ 185 000 médecins en activité. L’État trouvant qu’il y trop de médecins a imposé un « numerus clausus » sévère : on ne formerait actuellement que 3500 médecins par an. Cela signifie que dans 25 ans il y aura environ 3 500 × 25 = 87 500 médecins en activité (en fait un peu plus car de jeunes médecins actuels ne seront pas encore en retraite). Cela signifie qu’il y aura dans quelques années une sévère pénurie de médecins. Il y a déjà pénurie dans certaines spécialité. Il faut donc, dès maintenant, commencer à augmenter le nombre de médecins formés.

Le cas particulier des facultés de droit et de sciences économiques

Dans le même esprit, les facultés de droit pourraient être rattachées au Ministère de la justice. L’enseignement des sciences économiques et des finances pose un petit problème : ce n’est pas uniquement du droit, mais il y a une partie juridique. Il semble donc préférable de rattacher cet enseignement au Ministère de la Justice.

Dégraisser le mammouth Phase 2

L’enseignement dans les universités

Les universités françaises ne vont pas bien et cela ne date pas d’hier. Déjà Alain MINC dans son livre « l’argent fou » critiquait les universités françaises et considérait que les grandes écoles restaient un modèle pour la formation des élites.

La réforme des universités n’est pas une chose facile et surtout ne peut pas être traité de façon détaillée dans ce document. On peut cependant donner quelques pistes à étudier, dès lors qu’on est prêt à rechercher une plus grande souplesse afin de permettre une évolution des programmes répondant aux des besoins des employeurs.

;       Chaque faculté (Sciences, Droit, Lettres) doit avoir un véritable « patron » comme dans les écoles d’ingénieurs.

;       L’université doit être capable d’adapter son enseignement aux demandes du marché de l’emploi.

Pourquoi critique-t-on beaucoup les universités et peu les IUT ?

Parce que les étudiants des IUT trouvent plus facilement un emploi que ceux qui sortent de l’université.

Le rapport d’Alain Minc propose de créer en première année, une sorte de propédeutique qui serve d’orientation (et peut-être aussi de sélection) aux étudiants. Cela permettrait de réduire le nombre d’étudiants dans des disciplines comme la psychologie où le marché est très étroit. Tout se passe comme si Alain Minc proposait d’établir une sorte d’examen (ou de concours) pour passer de la première à la deuxième année d’université.

La réforme du fonctionnement des universités

Actuellement, une université dispose en France, d’un conseil d’administration et d’un conseil scientifique dans lequel la répartition des membres est la suivante :

;       60 à 80 % pour les représentants du personnel,

;       7,5 à 12,5 % pour les représentants des étudiants de 3 ème cycle,

;       20 à 30 % pour les personnalités extérieures.

Une telle représentation incite à l’immobilisme. Une répartition des membres donnant une majorité absolue à des personnalités extérieures, venant notamment du monde industriel (Directeur scientifique de grandes entreprises ou responsables de recherches et développement) permettrait une plus grande évolution et éviterait certaines erreurs dont nous ne citerons que quelques exemples :

;       Pendant les années 80, les départements informatiques des universités ont enseigné l’intelligence artificielle qui n’intéresse aucun industriel, qui ne sert à rien dans les applications de gestion.

;       Ces mêmes départements ont beaucoup enseigné le langage de programmation Pascal alors que le monde industriel se tournait vers le langage C.

Faut-il privatiser les universités ?

A cette question, il est évident que les enseignants répondront de façon négative. Cependant cette évolution est souhaitable, à condition de procéder par étapes :

;       D’abord faire évoluer la répartition des membres aux conseils d’administration et scientifique.

;       Ne plus embaucher d’enseignants permanents avec le statut de fonctionnaire mais uniquement avec celui de contractuel avec un contrat de 2 ou 3 ans renouvelable[3].

;       augmenter de façon sensible le nombre de vacataires en particulier pour l’enseignement des technologies.

;       Chercher à augmenter le nombre de contrats de recherches avec des industriels ou avec d’autres ministères (dont le ministère de la défense).

;       La rémunération des enseignants permanents ne doit pas être définie par une grille, mais doit dépendre du jugement porté par leurs étudiants et par leur contribution aux contrats de recherches avec l’extérieur.

De nombreuses écoles d’ingénieurs (l’école Centrale de Paris ou l'ESTP par exemple) ont peu de professeurs à temps complet : elles font appel à un grand nombre de vacataires qui travaillent dans l’industrie. Cela est surtout vrai pour l’enseignement des technologies. Cela permet de se débarrasser d’un professeur qui est jugé mauvais ou dont la spécialité n’intéresse plus le marché.

Rappelons que de nombreuses universités américaines sont privées. Elles sont financées par :

;       quelques subventions de l’état dont elles dépendent,

;       des contrats de recherche avec l’industrie américaine (et le pentagone),

;       les parents des élèves.

Les français n’ont pas l’habitude de payer pour l’éducation de leurs enfants et on voit mal comment changer rapidement les mentalités.

On pourrait cependant envisager la méthode suivante :

;       Pour chaque enfant de l’enseignement secondaire, les parents reçoivent de l’état, un « chèque formation » qui sera remis à l’établissement secondaire de leur choix, c’est à dire celui où ils inscrivent leur enfant.

;       Pour chaque chèque formation reçu, l’établissement recevra la même somme d’argent de l’état, que l’établissement soit public ou privé. Cette somme servira notamment à payer les enseignants.

Cette méthode peut s’appliquer également aux universités et à l’enseignement primaire.

La recherche fondamentale en France

Il faudrait aussi revoir l’organisation du CNRS et le fonctionnement des universités. En particulier une plus grande collaboration avec l’industrie serait souhaitable, ce qui permettrait d’apporter un complément de financement aux universités ou au CNRS, comme cela se fait beaucoup aux USA[4] et d'obliger les universités à rester en contact avec les réalités économiques et industrielles.