L’incapacité dans l’enseignement et dans la Recherche

Le diagnostic officiel

Le Ministère de l’éducation et de la recherche est la plus grosse administration au monde, après l’armée rouge en terme d’effectifs. Ce Ministère absorbe une part très importante du budget de l’État. Et pourtant les résultats sont décevants :

;       L’illettrisme ne recule pas depuis plusieurs années,

;       Le nombre de bacheliers a augmenté, mais le niveau du baccalauréat a beaucoup baissé,

;       Les universités délivrent des diplômes qui n’intéressent pas le monde économique, etc.

L’OCDE a publié un classement des systèmes éducatifs qui place la France au 20 ième rang sur 25 avec l’appréciation suivante : plus de 20 % des effectifs sont nuls ou quasiment en France.

L’échec en recherche fondamentale

Le CNRS[1] coûte annuellement 13,5 milliards de francs au contribuable français, avec un effectif salarié d’environ 26 000 personnes dont 12 000 chercheurs. Les allemands ne dépasse que l’équivalent de 10 milliards en recherche fondamentale, mais ont obtenu, depuis 1950, 7 prix Nobel en physique et chimie, alors que la France n’en a obtenu que 4, et encore un seul travaillait réellement au CNRS !

Si on réussit à entrer au CNRS et à devenir titulaire, on est fonctionnaire à vie alors que l’expérience montre, que dans les sciences exactes, très rares sont les chercheurs qui peuvent être bons pendant plusieurs dizaines d’années.

En revanche, on constate que les mathématiciens français obtiennent autant de « médaille FIELDS » (l’équivalent du prix Nobel pour les mathématiques) que les mathématiciens anglais et allemands réunis.

L’incapacité dans la recherche appliquée

Les français sont assez bons dans la recherche théorique, mais déposent très peu de brevets et quand ils déposent des brevets, souvent ils sont utilisés par des entreprises étrangères.

Le tableau suivant, établi par l’INPI, montre le classement des entreprises par nombre de brevets déposés en France en 1996.

Rang

Nom du déposant

Nationalité

Nombre de dépôts

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

11

12

13

14

15

16

17

18

19

20

 

26

 

29 ex

29 ex

 

31

32

33

Philips Elektronics

Canon KK

Siemens AG

Eastman Kodak

IBM

NEC

Matsushita

Robert Bosh

Sony

AT&T

Bayer

BASF

Hewlett-Packard

L’Oréal

Toshiba

Motorola

Toyota

Hoechst

Agfa Gevaert

General Electric

 

Rhone Poulenc Chimie

 

Peugeot

Renault

 

Thomson

Institut Français du Pétrole

CEA

Pays-Bas

Japon

Allemagne

états-Unis

états-Unis

Japon

Japon

Allemagne

Japon

états-Unis

Allemagne

Allemagne

états-Unis

France

Japon

états-Unis

Japon

Allemagne

Allemagne

Etats-Unis

 

France

 

France

France

 

France

France

France

774

717

588

445

428

410

364

327

326

316

315

269

268

266

257

253

252

247

232

230

 

166

 

160

160

 

155

152

147

Nombre de brevets déposés en France en 1996 selon l’INPI

Quand des français font une découverte, souvent cette découverte est exploitée par des étrangers.

Deux exemples illustrent cette incapacité à exploiter les trouvailles des mathématiciens français.

Benoît Mandelbrot, français d’origine polonaise et polytechnicien, a développé la théorie des fractales. Les fractales ont été exploitées par le français Eric Hautemont qui avait créée l’entreprise américaine RAY DREAM aux USA. Quand cette entreprise a été suffisamment connue, il l’a vendu à Metatools pour donner l’entreprise Metacreations.

Pierre Bézier, Ingénieur des Arts et Métiers, dans le cadre de son travail chez Renault, a développé une théorie conduisant aux courbes dites de Bézier. Ces courbes ont d’abord été utilisées par l’entreprise Adobe pour la description de polices de caractères (polices PostScript). Ces courbes ont été ensuite utilisées par diverses entreprises notamment pour des logiciels de dessin.

Dans ces deux cas, les découvertes ont été exploitées par des Américains.

[1]         Le CNRS est à coté de la plaque : capital N°81 de juin 1998