La réduction de la durée du travail est beaucoup plus difficile pour les entreprises qu’on ne le croit généralement, en particulier dans les unités de fabrication qui travaillent par équipes de jour et de nuit.
21 juin 1936 : adoption de la loi sur la semaine de travail de 40 heures et mise en application à partir de la fin de l’année 1936 pour 60 à 65 % des salariés.
De septembre 1936 à septembre 1937 : environ 100 000 chômeurs retrouvent un emploi, Mais de 1935 à 1937, pendant que le chômage reculait de 18 % en France, il reculait de 30 % en Grande Bretagne, de 41 % en Belgique et de 70 % en Allemagne, 3 pays qui n’avaient pas eu de lois sur les 40 heures !
En décembre 1938, les règles sont assouplies (autorisation d’heures supplémentaires), la production industrielle augmente et le chômage diminue.
Devant la montée du chômage, le gouvernement de Pierre Maurois a fait passer, en 1982, la durée légale de la semaine de travail de 40 à 39 heures par semaine et l’octroi de la 5 ème semaine de congé payé a eu des conséquences particulièrement négatives :
création au départ de 15 000 à 25 000 postes, notamment dans la fonction publique, soit 0,2 à 0,4 % de l’effectif pour une réduction de 2,5 % du temps de travail.
diminution des horaires travaillés dans les services,
vague de licenciements collectifs en 1983, très supérieure aux embauches de 1982.
Mais de 1981 à 1982, la France a subi 3 dévaluations du franc en 18 mois sous son gouvernement le gouvernement de Pierre MAUROIS. En revanche ce passage a compliqué le fonctionnement des entreprises, surtout dans les unités de production où les 3 fois 8 sont pratiqués.
Si le passage de 39 à 35 heures devait permettre une réduction du chômage, alors en passant de 35 à 30 heures, on réduirait encore le chômage et ainsi de suite.
Enfin les statitiques montrent que les pays où l'on travaille le plus sont ceux où le taux de chômage est le plus bas.
Nous constatons depuis plusieurs mois que le passage de 39 à 35 heures est très difficile, en particulier pour les PME.
Nous constatons en outre qu'elles créent très peu d'emplois, contrairement à ce que laisse entendre le gouvernement.
Pour les entreprises dont la majorité du personnel travaille à l'extérieur (cas en particulier des entreprises qui font des installations), la réduction du temps de travail est surtout théorique, mais le personnel est amené à pratiquer les mêmes horaires de travail.
Nous constatons que plusieurs entreprises sont conduites à fermer des unités de production ou du moins à réduire les effectifs (Danone, Péchiney, Moulinex, Bata, etc.)
Cela est malheureusement normal, le coût du travail est tellement élevé en France que les entreprises sont obligées de délocaliser soit car elles perdent de l'argent en faisant fabriquer en France, soit car cela leur est demandé voire imposé par les grands actionnaires qui sont les fonds de pension américains et anglais et les SICAV.
Contrairement à ce que disent certains médias, les bénéfices de certaines entreprises françaises sont en fait très faibles si on calcule le ratio Résultat net/Chiffre d'affaires. Le tableau suivant est extrait de données publiées par le Ministère des finances pour l'année 1999
| Entreprise |
Résultat net /CA |
| Aérospatiale Matra
Alcatel Alsthom Bouygues EDF Michelin Péchiney Peugeot Renault Usinor |
0,4 % 2,8 % 2,2 % 1,5 % 2,2 % 1,3 % 2,7 % 1,9 % 1,4 % -1,3 % |
Ces entreprises ont généralement peu de réserves financières et un retournement de conjoncture ou simplement une baisse de prix de quelques %, due à la concurrence peut suffire à les faire passer en situation de déficit. Cela explique qu'ellent cherchent tous les moyens pour réduire leurs dépenses. Si on était à la place de ces dirigeants, on serait certainement conduits à avoir la même attitude.