L'ENA

Page mise à jour le 21 juillet 2002

 

Le fonctionnement catastrophique de l'état et des entreprises publiques est dû en partie aux énarques. Pour s'en convaincre, il suffit de consulter, dans ce site, les pages relatives au Crédit Lyonnais, au GAN, etc.

Les quelques énarques, qui ont "pantouflé" et ont réussi, ont très souvent reçu une formation prélable solide (Polytechnique, ESSEC, HEC). C'est par exemple le cas de Michel BON (ESSEC puis ENA) ou de Jean-Marie MEISSIER (Polytechnique puis ENA).

Le Financial Times écrivait, en 1985,  à propos des énarques : Il existe une corrélation très étroite entre les entreprises bien gérées et dirigées par des non-fonctionaires (BSN, l'Air Liquide, l'Oréal) et les entreprises en situation d'échec, avec à leur tête, des hauts-fonctionnaires (Péchiney, Usinor-Sacilor, Bull...).

Cela conduit à se poser la question suivante :

Faut-il supprimer purement et simplement l'ENA ou faut-il modifier son recrutement et la formation qui y est donnée ?

D'abord on peut rappeler les déclarations de quelques hommes du monde politique, industriel ou universitaire au sujet de l'ENA

Jean-Pierre CHEVENEMENT : L'ENA, c'est purement et simplement deux concours : un concours d'entrée et un concours de sortie. Entre les deux, rien. Et, en particulier, pas de travail de recherche, pas de travail sérieux et approfondi. (l'Express, 10 juin 1993).

Charles MILLON : L'élite est devenue une caste, une nomenklatura. L'Ena a joué là un rôle extrêmement pervers. On retrouve les mêmes à la tête des cabinets ministériels, des entreprises publiques et maintenant des entreprises privées. (Le Point, 30 avril 1994).

Philippe SEGUIN : Il existe une fracture entre les élites et le reste du pays. Mais moi, je suis de ceux qui pensent que c'est plutôt le pays qui a raison contre ses élites lorsqu'il y a une contradiction (Globe Hebdo, 10 février 1993).

Bernard ZIMMERN : L'ENA, c'est l'école de l'arrogance (Les profiteurs de l'état, éditions Plon, 2000)

Selon Jacques Maisonrouge (ancien N° 2 d'IBM), l’ENA contribue à la sclérose de l’état français et une réforme de cette école s’impose donc.

Pour Emmanuel TODD : La valeur industrielle d’un Ingénieur est incontestablement supérieure à celle d’un ouvrier non qualifié. Mais il n’est pas possible de confronter directement l’utilité économique d’un manœuvre à celle d’un avocat ou d’un haut fonctionnaire ... Il est par ailleurs certains que les inspecteurs des finances français, s’ils sont très bien placés pour perpétuer leurs privilèges de revenu et de sécurité de l’emploi, représentent pour la société française, du fait de leur incompétence crasse en économie, un coût net plutôt qu’un gain.

 

La formation donnée à l'ENA dure au total 27 mois se répartissant en :

La formation est très centrée sur l'Administration. Pour s'en convaincre, il suffit de lire la liste des rubriques des formations :

La formation à l'ENA  ne comporte rien sur la conception de produits nouveaux, sur les techniques de marketing, rien sur la comptabilité et la gestion des entreprises, etc.

Des énarques ont montré leur incompétence quand ils ont été nommés à la tête de grande entreeprises ou administrations. On peut évidemment commencer par le Crédit Lyonnais avec notamment Jean-Yves HABERER, mais on peut citer :

 

Parmi les énarques, plusieurs ont été mis en examen voire condamnés. Parmi eux, on peut citer :

Bernard BONNET (ancien Préfet)

Henri CASTRIES de la CROIX (DG d'AXA, mis en examen pour blanchiement aggravé)

Henri EMMANUELLI (ancien trésorier du PS)

Alain GOMEZ (ancien PDG de Thomson)

Jean-Yves HABERER (ancien Président du Crédit Lyonnais)

Christian PIERRET (Secrétaire d'état à l'industrie, promesse auprès des électeurs aux élections municipales)

Rémy CHARDON (président de la socité du tunnel du Mont Blanc)

Didier SCHULLER, énarque et franc-maçon

André TARALLO (affaire ELF)

Jean-Claude TRICHET (affaire du Crédit Lyonnais)

Conclusion

Nous ne disposons pas de toutes les informations pour porter un avis définitif à ce sujet. On peut cependant faire 2 remarques :

  1. Si l'objectif  de l'ENA est essentiellement de former des "hauts fonctionnaires" chargés de faire appliquer la loi et qu'on ne leur donne pas la bonne formation économique et surtout de gestion des entreprises, alors il faut les empêcher d'aller dans le secteur concurrentiel. Il est sans doute souhaitable de réduire les effectifs des promotions.
  2. Si au contraire l'objectif est de former des dirigeants aussi bien pour les Administrations que pour le secteur concurrentiel, alors il faut repenser complètement la sélection à l'entrée ainsi que l'enseignement qui y est donné, et imposer des stages dans les entreprises du secteur privé.
  3. Il faut enfin se poser la question suivante : l'évolution vers une école de perfectionnement ne serait-elle pas une bonne solution ?