L’État vaniteux

Les chapitres précédents montrent un extrait des erreurs de l’état. La réalité est encore plus sombre. Mais en plus les politiques se montrent vaniteux : ils critiquent systématiquement ce qu’ont fait leurs prédécesseurs.

Depuis plusieurs années, les erreurs de l’État sont dénoncées de façon claire et des suggestions sont formulées pour améliorer la situation.

L’État n’a jamais pris la peine d’étudier les suggestions qui étaient faites, comme si elles étaient idiotes et en tient rarement compte.

A titre d’exemple, on peut citer plusieurs livres de François de Closet dont

Tant et Plus

qui proposait des améliorations.

On peut également citer les rapports de la Cour des Comptes dont l’État prend rarement en compte les observations et cela bien qu’il s’agisse d’études en général très bien faites.

Dans son livre « l’économie française face aux défis mondiaux, J. et G. Brémond[1] dénonçaient, en novembre 1985, le coût trop élevé des impôts et charges sociales qui pèsent sur les entreprises, face à la concurrence internationale. On aurait pu penser que les gouvernements de l’époque auraient tenu compte de ce type de remarque et qu’ils auraient cherché à réduire les charges patronales. Il n’en a rien été.

A chaque fois qu’un nouveau Ministre de l’éducation est nommé, il fait son possible pour que les réformes commencées par son prédécesseur soient abandonnées et ne pense qu’à faire sa propre réforme. N’est-ce pas de la Vanité ?

Quand en 1981, les socialistes arrivèrent au pouvoir, ils jetèrent aux orties tout le travail commencé par le gouvernement Barre, dont le programme d’austérité. Les dépenses coulèrent à flot. Cela se traduisit par 3 dévaluations en 18 mois, par une vive inflation et par une montée du chômage. Pierre Maurois fut remplacé par Laurent Fabius qui mit sur pied un plan de rigueur, très proche du programme d’austérité de Raymond Barre.

Quand on a la charge d’un pays en difficulté, une méthode simple consiste à observer les mesures prises par d’autres pays et les conséquences et de s’inspirer des décisions qui ont eu des conséquences positives.

Régulièrement les hommes au pouvoir affirment que la loi républicaine sera appliquée en Corse et on constate que les assassinats, les explosions, les infractions etc. se poursuivent.

L’inspecteur des finances Jean Choussat a publié une note expliquant qu’il y avait environ 500 000 fonctionnaires en trop. Les gouvernements ont eu soin de mettre cette note aux oubliettes et surtout de ne pas la communiquer aux journalistes de la télévision.

Certains pays comme les Pays-Bas, la Suisse, les USA ont réussi à réduire très fortement le taux de chômage. A-t-on cherché à copier les méthodes qui ont réussi à l’étranger ?

L’état est-il vaniteux ? Cette question n’a pas de sens. Mais les ministres et secrétaires d’état, les dirigeants des partis politiques etc. sont-ils vaniteux ?

On peut se poser cette question quand on voit comment ils critiquent les personnes des autres partis. Les décisions de leurs adversaires ne sont en général que de mauvaises décisions et eux seuls savent ce qu’il faut faire pour redresser le pays !

Emmanuel TODD, dans son livre « L’illusion économiste » porte le jugement sévère suivant sur nos dirigeants :

Extrait du livre d’Emmanuel TODD

Dominée par des élites exceptionnellement incompétentes, la France a contribué plus que tout autre nation à l’erreur de stratégie économique et historique que constitue le traité de Maastricht. Ses responsables politiques, qu’ils soient de droite ou socialistes, ont allègrement mélangé des concepts économiques libéraux et autoritaires, pour n’aboutir qu’à maximiser les souffrances sociales de leur pays. Les classes dirigeantes françaises tentent aujourd’hui de masquer leur désarroi par une arrogance absolue.

[1]       Cf chapitre 8 : salaires flexibles et réduction du chômage.