à propos du Numerus Clausus

La grande différence entre un examen et un concours réside dans le fait que dans un concours le nombre de places maximum est fixé d'avance.

Souvent ce nombre a été maintenu à un niveau limité parfois à cause du coût des études (supporté par l'état), parfois aussi car l'organisation des cours limite le nombre d'élèves. Par exemple, dans une école ou les salles de classes ne peuvent pas accueillir plus 100 élèves, il est difficile d'accueillir plus de 200 élèves même si on coupe les promotions en 2, ce qui suppose une duplication des cours. Parfois aussi les organisations professionnelles ont fait du lobbying pour limiter le nombre de places, ce qui permet à ceux qui réussissent, de demander des honoraires plus élevés.

Le cas paticulier des médecins

Quand un début d'excès de jeunes médecins est apparu, la profession s'est émue de cet état et les pouvoirs publics ont mis en place un système de quota : la première année se termine par un concours, ce qui permet de limiter le nombre d'étudiants en médecine.

Il se trouve que la population vieillit et consulte plus souvent, ce qui augmente le marché potentiel de la médecine.

Par ailleurs, la population de médecins a tendance à se féminiser, c'est à dire que la proportion de jeunes filles étudiantes en médecine augmente. Or on constate qu'une femme médecin, une fois ses études terminées, a tendance à travailler nettement moins qu'un homme, pour diverses raisons : congés de maternité, quelques tâches ménagères et soins à donner aux enfants. Cela signifie que même si la quota avait été bien calculé, il est devenu maintenant insuffisant.

Le cas particulier des Infirmières Anesthésistes : l'état a tout faux :

Le concours d'entrée n'est ouvert qu'à des infirmières déjà diplômées et ayant déjà travaillé. Cela signifie que les dites infirmières ont un salaire et qu'elles n'accepteront de faire cette spécilité (dont la formation dure 2 ans) que si elles sont payées durant cette formation. Par ailleurs, bien que l'état prétende qu'il dispense des formations gratuitement (c'est le cas des universités qui conduisent souvent au chômage), la formation est payante (environ 35 000 à 45 000 Francs pour les deux années).

On se trouve donc devant le paradoxe suivant :

Supposons que cette formation soit possible juste après l'obtention du diplôme, on pourrait se dispenser de payer les infirmières en formation ou leur donner simplement un petit salaire. Globalement, cela coûterait moins cher aux hôpitaux, cela leur permettrait certainement de réduire le manque d'infirmières anesthésistes surtout si on augmente un peu le nombre de places offertes au concours.

Cet exemple montre l'une des nombreuses incohérences de l'état dont tout le monde pâtit.

Le cas particulier des masseurs-kinésithérapeutes

La aussi, il y a un numerus clausus de fait. Les consquénces sont simples : les "Kiné" qui ont choisi le statut de profession libérale regorgent de travail avec des corolaires évidents : moins de temps à passer avec chaque patient, refus dans certains cas d'accepter de nouveaux patients et cela d'autant plus que si leur chiffre d'affaires (ou leur nombre d'actes) dépassent un certain niveau, ils sont taxés par la sécurité sociale.

Une condition nécessaire pour améliorer la qualité des soins consite donc à former un plus grand nombre de masseurs-kinésithérapeutes.

Le cas particilier des infirmières

On manque d'infirmières, cela est indiscutable ! Mais en fait le niveau de formation dune infirmière est bac + 3  avec ensuite une importante charge de travail, un travail souvent pénible, des horaires peu agréables et des salaires médiocres. Enfin les perspectives de promotions sont plus que faibles. Dans de telles conditions, il ne faut pas s'étonner ni du manque de vocations, ni du fait que de nombreuses infirmières abandonnent le travail bien avant lâge de la retraite !

Le cas particulier des Grandes écoles

Chaque grande école a un concours d'entrée où le nombre de places est indiqué. Si on juge que le niveau des élèves est insuffisant, l'administration de l'école se réserve le droit d'admettre un nombre d'élèves inférieur au quota indiqué.

De nombreuses villes de province ont voulu avoir leur école d'ingénieurs. En outre la pénurie des années 1950-1970 a incité les pouvoirs publics à augmenterde façon significative le nombre de places offertes. Quand la crise est survenue au cours des années 90, on n'a pas réduit le nombre de places offertes, ce qui a permis de former des ingénieurs dont le niveau n'était pas toujours excellent qui ont eu beaucoup de mal à trouver du travail.

Le progrès rapide des technologies accroît le niveau de connaissances indispensables pour devenir un bon ingénieur et une durée de formation de 3 ans paraît maintenant tout à fait insuffisante.

La conclusion est qu'il est certainement souhaitable de repenser la formation des ingénieurs.

Le cas particulier des universités

En général dans les universités françaises, il n'y a pas de Numerus Clausus. La sanction des études est l'examen en fin de semestre ou d'année scolaire. L'aspect positif est qu'on ne rejette a priori personne. L'aspect négatif est que souvent, les universités dispensent un enseignement qui ne conduit pas à un métier (sauf à celui d'enseignant).

 A qui cela sert-il de former de donner des certificats de psychologie ou de sociologie (ou autre) si le marché n'a pas besoin de tels spécialistes ?

Conclusions

Ces exemples conduisent à se poser la question suivante : dans certains domaines, ne serait-il par préférable de moins réglementer et de laisser plus de liberté à certaines écoles, ce qui revient à décentraliser certaines décisions ?