L’incapacité sur le plan économique et financier

Page mise à jour le 21 juillet 2001

Depuis plusieurs années, les divers gouvernements ont montré leur incapacité à prendre les bonnes décisions sur le plan économique. Leur échec est tellement patent qu'on se demande si les hommes politiques ont reçu une initiation de base à l'économie.

Le Ministère de l'Economie et des finances se comporte en fait comme un Ministère "de la pression fiscale".

La réforme fiscale, dont on parle depuis plusieurs années, n'a toujours pas eu lieu alors que d'autres pays ont réussi à la faire (Islande par exemple). Le poids des impôts et taxes diverses sur les entreprises, dont les cotisations sociales, a évidemment une conséquence sur la montée du chômage, sur la fuite des cerveaux et sur la désindustrialisation du pays.

Le taux de chômage reste l'un des plus élevé d'Europe.

L'endettement de l'état augmente chaque année, etc. (plus de 5400 milliards au début de l'année 2001)

Année dette publique en millards de Frances

1975

1980

1990

début 2001

130

414

2300

5400

Ce tableau montre bien l'incapacité patente de l'état à équilibrer un budget !

Enfin les grandes décisions de l'état se sont souvent concrétisées par des échecs cuisants.

L'échec sur le plan financier : recul relatif du PIB par habitant, endettement de l'état, etc. 

L'état s'est aussi montré très mauvais gestionnaire avec les ses entreprises :

Enfin il faut signaler le gaspillage de l'argent public par l'état et aussi par les collectivités locales.

L'état a voulu mener une politique de recherche et de développement économique qui s'est souvent avérée désastreuse :

L'échec en informatique : c'est échec se concétise dans plusieurs  sous-secteurs de l'informatique :

La désindustrialisation du paysrecul de l'emploi,  échec en informatique, passage d'entreprises françaises sous controle étranger, etc.

Le taux de chômage

Tout cela a d'autres effets pervers parmi lesquels   Le gaspillage et la fuite des cerveaux

Dans des domaines importants comme les régimes de retraites, la fiscalité, on assiste à un inquiétant immobilisme du gouvernement, alors que d'autres pays européens entreprennent avec succès des réformes significatives.

Le Ministère de la pression fiscale a réussi d'une part à entraîner le départ, sur le plan fiscal, de grandes fortunes, d'autre part à entraîner une fuite des capitaux et des riches.

La fiscalité a de nombreux effets pervers :

Les aspects négatifs de la TVA

La TVA est un bon impôt dans la mesure où elle ne touche pas les intermédiaires qui produisent mais uniquement le client final, c’est à dire les ménages. Il y a malheureusement de grandes différences de taux dans les différents pays.

Pays

Taux Principal de TVA

Allemagne

Autriche

Belgique

Canada

Espagne

France

Grande Bretagne

Israël

Japon

Luxembourg

Norvège

Pays-Bas

Portugal

15

20

   20,5

  7

16

   19,6

   17,5

16

  3

15

20

   17,5

17

Taux de TVA dans différents pays

Quand son taux est trop élevé, elle a une incidence évidemment négative sur le coût des produits et services, ce qui incite :

Le gouvernement Maurois a fait passer le taux de TVA de 17,60 % à 18,6 % afin de compenser le déséquilibre entre les dépenses et les recettes. En 1995, il est passé de 18,6 à 20,6 %. Il est enfin revenu de 20,6 à 19,6 % en l'an 2000.

Une harmonisation au niveau européen faciliterait tous les calculs économiques. Dans cet esprit, il serait souhaitable, que progressivement, l’État réduise le taux de TVA afin qu’il se situe aux même niveau que le taux pratiqué dans d’autres pays européens dont l’Allemagne, la Grande Bretagne, les Pays-Bas, le Luxembourg, l’Espagne et le Portugal.

Les aspects négatifs de la taxe Professionnelle

Pour les entreprises, plus les investissements augmentent, plus la taxe professionnelle augmente. Plus les entreprises embauchent, plus cette taxe augmente également.

Cette taxe est calculée selon des taux qui varient d’une commune à l’autre. Aussi quand une entreprise crée un établissement dans une commune, elle discute pour obtenir un dégrèvement de cette taxe pendant quelques années.

Autrement dit, cette taxe incite à ne pas investir et à ne pas embaucher.

A une époque où l’on se plaint du faible niveau d’investissements des entreprises françaises, du chômage et des emplois précaires, il serait urgent : soit de supprimer cette taxe (mais les collectivités ont besoin de la recette correspondante), soit de la remplacer par une taxe qui incite à investir et à embaucher.

Cette taxe n'existe ni en Suisse, ni aux USA. Elle existait en Islande, mais elle a été supprimée (taux de chômage de l'ordre de 1,4 % !)

Dans la pratique, tout le système fiscal français est à repenser complètement en vue à la fois d’une simplification et d’une meilleure efficacité sur le plan économique.

La misère s'installe

Le chômage, lié à l’augmentation des divers impôts et taxes, a une conséquence immédiate : l’augmentation de la misère. L’un des indicateurs de cette augmentation est l’évolution du nombre de repas servis par les « restos du cœur »

Hiver

millions de repas servis

1986-87

1993-94

1995-96

8,5

30

61

Millions de repas servis aux restos du cœur

 

  La réduction de la durée du travail

La réduction de la durée du travail est beaucoup plus difficile pour les entreprises qu’on ne le croit généralement, en particulier dans les unités de fabrication qui travaillent par équipes de jour et de nuit.

Petit rappel historique

21 juin 1936 : adoption de la loi sur la semaine de travail de 40 heures et mise en application à partir de la fin de l’année 1936 pour 60 à 65 % des salariés.

De septembre 1936 à septembre 1937 : environ 100 000 chômeurs retrouvent un emploi, Mais de 1935 à 1937, pendant que le chômage reculait de 18 % en France, il reculait de 30 % en Grande Bretagne, de 41 % en Belgique et de 70 % en Allemagne, 3 pays qui n’avaient pas eu de lois sur les 40 heures !

En décembre 1938, les règles sont assouplies (autorisation d’heures supplémentaires), la production industrielle augmente et le chômage diminue.

L’échec de la réduction de 40 à 39 heures en 1982

Devant la montée du chômage, le gouvernement de Pierre Maurois a fait passer, en 1982, la durée légale de la semaine de travail de 40 à 39 heures par semaine et l’octroi de la 5 ème semaine de congé payé a eu des conséquences particulièrement négatives :

Mais de 1981 à 1982, la France a subi 3 dévaluations du franc en 18 mois sous son gouvernement[7]. En revanche ce passage a compliqué le fonctionnement des entreprises, surtout dans les unités de production où les 3 fois 8 sont pratiqués.

Si le passage de 39 à 35 heures devait permettre une réduction du chômage, alors en passant de 35 à 30 heures, on réduirait encore le chômage et ainsi de suite.

On aurait pu espérer que les politiques se rappelleraient de cet échec. Mais non, la démagogie passe avant le réalisme économique.

 

Le cas de l’entreprise Inv

L’entreprise INV est une entreprise de distribution qui avait environ 50 magasins placés dans des centres commerciaux ou à proximité de ces centres. Compte tenu des charges fiscales, elle s’est aperçu qu’une vingtaine de magasins étaient déficitaires. Elle a donc décidé de fermer ces magasins et de licencier le personnel de ces magasins. Cela a entraîné une baisse de seulement 10 % de son chiffre d’affaires, ce qui lui a permis d’augmenter sa rentabilité car plusieurs clients des magasins fermés acceptent de faire quelques kilomètres supplémentaires pour s’approvisionner.

L’inspection du travail obligeant l’entreprise à laisser 48 heures de repos à son personnel, l’entreprise a donc décidé de fermer ses magasins deux jours par semaines.

Elle a déjà réfléchi au problème des 35 heures : si elle doit passer aux 35 heures, elle n’embauchera personne, mais fermera ses magasins une demi-journée supplémentaire.

Finalement le passage aux 35 heures pénalisera le client final qui aura moins de choix dans les horaires pour faire ses achats.

 

Les gains de productivité

Depuis 1960, les gains de productivité ont été très significatifs. Prenons, par exemple, le cas de l’usine papetière de Corbehem (qui faisait partie du groupe Beghin).

La production a été multipliée par presque 3, tout en améliorant la qualité des produits et en diminuant de façon significative les effectifs.

 

1963

1995

Production (en tonnes)

papier de presse

carton

sucre

effectif

 

220 000

60 000

80 000

2250

 

600 000

60 000

arrêt

1250

évolution de la production à l’usine de Corbehem 

La très forte augmentation de la production de papier et de carton est en fait plus importante qu’il n’y a apparaît : en 1963, il s’agissait de papier et de carton ordinaires alors qu’en 1995, il s’agit de papier et de carton « couchés », c’est à dire de qualité supérieure.

Il ne s’agit là que d’un exemple. Tous les secteurs économiques n’ont pas eu les mêmes gains de productivité. Cependant, les gains de productivité sont tels qu’on ne peut pas miser sur un taux de croissance pour réduire le chômage.

Le cas particulier du Nord de la France

De 1955 à 1975, il y avait, dans le Nord de la France, des bassins miniers et des zones où l’activité textile était prépondérante. Dans ces bassins d’emploi, les industriels ont tout fait pour empêcher l’arrivée d’autres industries (dont la mécanique et l’électronique) qui auraient contribué à capter une partie de la main d’œuvre et peut-être à provoquer une tension sur les salaires. La disparition de l’activité minière et la quasi disparition de l’industrie textile ont engendré un taux de chômage élevé dans cette région car il n’y avait pas d’industrie de substitution. Cela s’applique également en Lorraine avec la disparition des mines de fer et le fort recul de l’industrie sidérurgique. Les efforts pour faire venir d’autres activités ont coûté cher (subventions et allégements de taxes) pour un résultat très médiocre.

La transformation des emplois

Selon l’INSEE, les emplois auraient évolué de la façon suivante au cours de la période 1982-1990

Professions

Actifs occupés en milliers

évolution

 

en 1982

en 1990

en %

Agriculteurs, exploitants

Artisans, commerçants et chef d’entreprise

Cadres et professions intellectuelles supérieures

Professions intermédiaires

Employés, dont

ouvriers qualifies
ouvrier non qualifies

1470

1819

1857

3813

3500

3736
3002

991

1736

2604

4452

5898

3714
2579

- 32

- 3,5

+ 40

+ 17

+ 7

- 1
- 14

Total

21 466

22 232

+ 3,5

Transformation des emplois

La très forte diminution du nombre d’agriculteurs pourrait laisser à penser que l’effectif du Ministère de l’agriculture a diminué au cours de cette période. Malheureusement, il n’en est rien, il a même augmenté !

[1]       CAE Compagnie d’Automatisme et d’Electronique, était une filiale de Thomson.

[2]       SAE : Société d’Automatisme et d’électronique

[3]       JJSS : Jean-Jacques Servan-Schreiber a défendu le projet d’un centre mondial de l’Informatique à Paris, dont il a été nommé Président.

[4]       École Supérieure d’Ingénieurs en électrotechnique et électricité.

[5]       Cf. le Monde Informatique N° 1483 du 30 janvier 1998.

[6]       Source : Valeurs Actuelles du 21 mars 1998

[7]       Pour plus de détails, on peut consulter le livre « Les trente piteuses ». Ce livre donne une bonne description des faiblesses de notre pays.